♦ Texte de
au-fur-et-a-mesure« - Ce matin il partit sans me dire au revoir. Je n'aurai même pas du m'en apercevoir. Cela faisait bien longtemps que notre histoire d'amour tenait à un fil. Mais ce matin là, au alentour de sept heures du matin, j'aurais aimé l'embrasser, le serrer contre moi, entendre un « Bonne journée, Chérie, à ce soir. » Je savais qu'il partait. Aujourd'hui, à l'aube. Je savais que c'était irrémédiable. Je lui avait toujours refusé le divorce, mais cette fois, avec ou sans ma signature sur ce foutu papier, il me quittait. On se séparait et moi je restais là, à boire mon café, silencieuse comme toujours. J'entendis claquer la porte. Le bruit résonnait comme un adieu. J'ai recraché mon café. Charlie m'avait quitté.
Le soir en rentrant, la maison était vide. Sans vie, sans odeur, sans amour. Sans rien. Il avait tout emporté avec lui. Alors j'ai pris une grande et belle feuille blanche, sur laquelle on n'ose jamais écrire, et où l'on a peur de raturer. Et j'ai écrit. J'ai gribouillé quelques mots pour finir de ma plus belle écriture les derniers mots « A toi mon amour. » Je l'ai laissé sur la table de la cuisine, j'ai préparé son petit déjeuner, en espérant qu'il revienne. Parce que, quelle heure est-il maintenant ?
- Il doit être presque six heures du matin, le soleil se lève.
- Alors j'ai bien fait, même si le café sera froid... Enfin, j'ai tout préparé et j'ai loué cette chambre d'hôtel, au trente sixième étage. J'ai ouvert la fenêtre et...
- Vous avez hésité. Dit le policier.
- Non. Répondit – elle à mi-voix.
- Si, vous avez hésité. Vous avez regardé en bas et vous vous êtes demandé quelle serait la douleur que vous alliez subir. Vous vous êtes demandé pourquoi finir sa vie pour un homme qui n'en fait même plus partie. Alors, pourquoi restez-vous là, à attendre ?
- J'ai toujours été très prudente. Et, vous voyez, il suffit que je glisse, qu'une de mes mains s'ouvre et je tombe. Il suffit d'un minuscule mouvement pour me sentir mourir.
- Alors allez y, sautez. Regardez tous ces gens en bas, toutes ses voitures arrêtées, tout cet attroupement autour de l'hôtel... Ils n'attendent que ça, que vous sautiez. Allons, ce n'est pas si dur. Et mes pauvres collègues qui font la circulation... Voyez les, ces têtes de ras, assoiffées de sang. Ne vous donnez pas tant de mal, sautez. Ils attendent tous depuis déjà plus d'une heure. Tendez l'oreille, écoutez les. Ils crient. Ils vous crient de sauter, qu'ils n'ont pas toute l'après midi. Alors oui, vous allez mourir vous allez provoquer des frissons à un millier de personne. N'attendez pas que l'on vous pousse.
- N'auriez vous pas une cigarette ? Demanda t'elle, tremblante.
Il lui tendit la main. Elle la saisit. Ils redescendirent ensemble jusqu'à l'entrée de l'hôtel. La foule s'écarta.
Il lui offrit une cigarette. »
Mon avis : a venir ; C'est la seule nouvelle qui m'a plu
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